Le réseau des Océanistes

Conditions et mutations environnementales

Présidente: Céline Castets-Renard (IRDEIC)

Trois exposés ont été présentés lors de cette session. Caroline Rufin-Soler, Chercheure à l'Institut de Recherches en ENvironnement Industriel associée au Laboratoire d'Océanologie et de Géosciences, a analysé La vulnérabilité insulaire induite par les changements climatiques : le cas de l'archipel de Tuvalu. Elle a exposé les indicateurs et analyses faites en sa qualité de géographe mis en œuvre sur l’île de Fongafale (atoll de Funafuti) pour observer la montée des eaux, analyser les causes et les réactions envisageables pour protéger la population. Céline Castets-Renard, IRDEIC, a présenté Les enjeux juridiques de la protection et de la valorisation de la biodiversité par les textes internationaux de la Convention de Rio sur la biodiversité et la Convention de Montego Bay sur le droit de la mer. Elle s’est attachée à analyser leur mise en œuvre au Vanuatu, Fidji, Salomon et Nouvelle-Calédonie. Enfin, Nathalie Hilmi, Centre Scientifique de Monaco, a présenté une Evaluation économique et gouvernance de la biodiversité des récifs coralliens (GDRI biodiversité des récifs coralliens Axe 5). Il s’est agit de présenter la méthodologie qui sera suivie par un groupe de recherche composée de Nathalie Hilmi (CR CSM, Monaco), Tamatoa Bambridge (CR CNRS UMR 5244, Perpignan), Alain Safa (CEMAFI-UNSA), Bernard Salvat (PR EPHE, UMR 5244, Perpignan), Makoto Tsuchia (PR, Univ Ryukyus – Center of Excellence), Hussein Ramadan (Agence Internationale pour l'Energie Atomique), François Féral (PR UPVD, Perpignan), Marc Léopold (IE IRD UR R148, Nouméa), Eric Clua (Director CRISP-CPS, Nelle Calédonie), Corinne Gaziello (CSM, Monaco), Pierre Gilles (Institut océanographique, Monaco), Angélique Sygut (Institut océanographique, Monaco), Pierre Failler (CEMARE) University of Portsmouth, Nicolas Pascal (USR 3278 – CRIOBE - EPHE/CNRS), Gilbert David (CR IRD – US 40, Montpellier).

Le constat général qui ressort de ces présentations est que si le diagnostic des mutations environnementales peut-être vérifié scientifiquement, comme le montre le travail de Caroline Rufin-Soler au Tuvalu, les causes des risques sont souvent plurales (aléas naturels, perturbations anthropiques) et complexes, ce qui rend d’autant plus difficile, la mise en œuvre des stratégies (résistance en suscitant des Fonds d’aide d’autres Etats, recul en recherchant des terres d’accueil pour des réfugiés climatiques, contre-attaque par la communication médiatique). Les Etats ont pris conscience ces dernières années des dangers de la dégradation de l’environnement, mais aussi de la bioprospection. Si des textes internationaux existent, comme l’a rappelé Céline Castets-Renard, leur mise en œuvre n’est pas toujours effective dans le Pacifique sud, ou pour le moins, dépourvue de moyens techniques, humains, financiers d’en contrôler le respect. Le débat a permis de rappeler l’exemple du Vanuatu et de l’expédition Sento 2006 qui n’a pu aboutir à la conservation de l’ensemble des échantillons de la recherche au Vanuatu même, en dépit d’une législation satisfaisante et de l’accord préalablement signé. Dès lors, s’il y a bien une prise de conscience et des outils juridiques de protection de l’environnement, les réactions ne sont pas encore à la hauteur des enjeux, en partie par manque de moyens financiers et d’évaluation des risques. L’analyse réalisée dans le cadre du travail collectif du GDRI biodiversité, présentée par Nathalie Hilmi, intègre notamment une analyse économique coûts – avantages de la valeur du récif corallien et devrait permettre de compléter l’information des décideurs politiques en termes de gouvernance, de nature à susciter et améliorer les réactions. Cette présentation remet l'Homme au centre des préoccupations.

Souhaitons que les travaux des chercheurs soient pris en compte pour la mise en œuvre de solutions adaptées, afin de lutter efficacement contre les mutations environnementales qui menacent la survie de populations des îles du Pacifique. On regrettera simplement le faible nombre de contribution dans cet atelier sur les « mutations environnementales » au regard des enjeux.

Evaluation economique et gouvernance de la biodiversite des recifs coralliens (GDRI biodiversite des recifs coralliens Axe 5)
Hilmi, Nathalie (CSM)
La vulnérabilité insulaire induite par les changements climatiques : le cas de l'archipel de Tuvalu
Rufin-Soler, Caroline (LOG )
Protection juridique de la biodiversité
Castets-Renard, Céline (Univ. droit IRDEIC)