Le réseau des Océanistes

Linguistique et interdisciplinarité : ce qu'apporte l'étude des langues

En terme de diversité linguistique, le Pacifique compte parmi les régions les plus denses de la planète. La Papouasie-Nouvelle-Guinée (près de 1 000 langues), le Vanuatu (plus de 100 langues), les Îles Salomon (plus de 50 langues), l’Australie (env. 250 langues en 1800, env. 150 aujourd’hui), et d’autres pays présentent en effet une richesse linguistique remarquable. Aujourd’hui, nombre de ces langues sont considérées comme « menacées » à court ou moyen terme. Même si beaucoup n’ont pas encore été étudiées, le Pacifique est depuis longtemps un terrain privilégié de la linguistique descriptive, qui s’attache pour commencer à produire des descriptions grammaticales précises, sur la base de données linguistiques empiriques.

Quels rôles joue la description de ces langues et de leur diversité dans la recherche en sciences humaines et sociales dans le Pacifique ? Au-delà des linguistes, quels chercheurs s’y attellent, ou s’en servent ? Pour quelles raisons et dans quel cadre disciplinaire ? Quelles méthodes sont utilisées, quels sont leurs objectifs, et surtout leurs résultats ? Les anthropologues sont concernés en premier lieu par les sciences du langage – la langue constituant le médium incontournable des relations sociales, sur lequel  s’appuie largement l’anthropologie. Mais ils sont loin d’être les seuls. Des historiens, des géographes, des archéologues, des politologues, et d’autres, peuvent contribuer à l’étude des langues, ou utiliser les descriptions linguistiques pour éclairer leurs propres études. Sur quelles bases théoriques ces chercheurs collaborent-ils entre eux, et avec les linguistes ? Comment les linguistes contribuent-ils eux-mêmes à répondre aux questions posées par d’autres disciplines ? Comment s’établit le dialogue entre les disciplines, et quels problèmes pose-t-il ? Quelles sont les limites des collaborations interdisciplinaires, et les raisons de ces limites ?

Ce sont toutes ces questions que nous souhaitons soulever au sein de cette session. Nous invitons donc toute contribution qui tenterait de les articuler ou d’y répondre, quels qu’en soit l’origine disciplinaire et l’ancrage théorique. Si nous encourageons en particulier les participants à présenter des projets ou résultats de croisements disciplinaires concrets et effectifs entre la linguistique et d’autres disciplines, les contributions qui aborderont le problème sous un angle plus théorique sont également les bienvenues.

 

Responsables
Mélissa Nayral (CREDO, Centre de Recherche et de Documentation sur l'Océanie, Marseille) : melissa.nayral@gmail.com
Maïa Ponsonnet (ANU Canberra, chercheur associé CREDO) : maia.ponsonnet@hotmail.com
Leslie Vandeputte (CREDO, Centre de Recherche et de Documentation sur l'Océanie, Marseille) : leslievdp@yahoo.fr

 

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